8 mois de toi

Le Loutron a eu 8 mois cette semaine. Il a passé quasiment autant de temps dans mon ventre qu’à l’extérieur. Le temps a filé, et en même temps ça me semble loin déjà. Beaucoup de sentiments paradoxaux me remuent. Les premiers mois ont été plutôt difficiles, plein de bonheur et d’angoisse, de culpabilité et de joie, l’impression de vivre un rêve et la peur de se réveiller. Après la naissance, je me suis sentie absorbée, engloutie par ce petit être que j’avais tant attendu. Ses besoins me paraissaient immenses, et après tout ce temps passé à espérer devenir mère j’ai été prise de vertige, une volonté féroce de bien faire et l’impression de disparaître dans ce nouveau rôle.

J’ai mis du temps à trouver un équilibre, à me retrouver, à m’apaiser. A être à la fois maman, femme et épouse, sans culpabiliser, sans me sentir privée de liberté. Ce n’est pas simple de faire la part des choses, de savoir ce qui est dû à nos caractères, à notre parcours d’infertiles, à nos histoires familiales personnelles… Et finalement peu importe. Aujourd’hui nous sommes sereins, le Loutron va bien et nous aussi.

J’ai pu l’allaiter pendant 6 mois, ça a été merveilleux et difficile. Heureusement j’ai trouvé des informations utiles dans mes lectures et du soutien avec la Leche League. Pendant mon congé maternité, le Loutron a tété fréquemment et goulûment. La fatigue n’était pas facile à gérer mais la joie de le nourrir en valait le coup. Et puis une fois habitué au biberon, après quelques semaines compliquées d’adaptation à la crèche, les tétées sont devenues de plus en plus compliquées. Des nuits de trois heures, des réveils toutes les heures, l’épuisement et les pleurs nous ont menés à l’arrêt des tétées. Je pense que nous avons vécu une confusion sein\tétine. La fin de l’allaitement a été une épreuve difficile, j’ai essayé de prolonger le plus possible mais il a fallu se rendre à l’évidence, ça n’allait plus ni pour le loutron ni pour moi. Lui avait faim, et j’étais épuisée. En quelques semaines nous sommes passés aux biberons et petits pots, et j’ai remplacé les tétées par de longs câlins.

Aujourd’hui nous sommes trois, et nous profitons de chaque instant. Notre bébé miracle est là et il nous fait plein de sourires. Il adore la crèche, il éclate de rire quand je lui fait des bisous croquants, il s’agrippe à nous pour rester dans nos bras. Il dort dans sa chambre depuis deux mois, ses nuits sont paisibles et on apprécie de pouvoir dormir à nouveau. Parfois il souffre de coliques et diarrhées, en ce moment il a une otite externe à chaque oreille… les maux ordinaires des bébés qu’on voudrait lui épargner – comme tous les parents. Deux petites dents bien tranchantes ont fait leur apparition.

On parcourt les chemins en porte-bébé et carriole à vélo, il commence à ramper et se déplace en roulades sur le sol.

Profiter de la vie. Tourner la page de la PMA. Enfin.

Bien sûr, nous sommes marqués par notre parcours, par nos échecs. Nous restons pour toujours différents des fertiles, avec cette blessure qui ne se refermera jamais tout à fait. Un avenir différent de ce qu’on avait imaginé se dessine. Différent d’avant la PMA, différent aussi d’après puisque nous n’imaginions plus avoir un « bébé couette ». La vie est précieuse, on se le répète chaque jour ainsi qu’à l’entourage qui semble souvent zapper le chemin qui nous a mené jusqu’au Loutron.

C’est assez effarant, cette tendance qu’ont les gens à oublier notre parcours, nos galères. Comme si ça n’avait pas existé, ou que l’arrivée du Loutron avait tout effacé, tout résolu. Et ces commentaires sur « un deuxième », qui sont tellement à côté de la plaque. Ma mère insiste sur le parcours d’une collègue qui a eu un bébé par DO, et qui d’après elle « y retournera pour le deuxième ». Quel manque de délicatesse, et quel rapport avec nous en fin de compte ? Pourquoi nous raconter cela ?…

Huit mois que nous sommes parents. Et j’ai encore parfois du mal à réaliser que tu es bien là, avec nous. Notre bébé d’amour 💜

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[MILK] RALC, la suite

Le loutron a du mal à s’endormir seul dans son lit (et avec nous aussi). On l’endort souvent dans les bras, dans le porte-bébé, ou au sein. « Il a vraiment pris de mauvaises habitudes ».

Le loutron ne fait pas ses nuits… « Pour le prochain, tu lui donneras un biberon dès la maternité avant de le coucher, comme ça vous pourrez dormir. » « Il a VRAIMENT pris de mauvaises habitudes. » « Vous avez du mal à le lâcher, il sent votre angoisse. »

Le loutron adore téter (comme tous les bébés j’imagine), et quand il est angoissé, fatigué, ou juste dans mes bras et qu’il en a envie, je le mets au sein. « Les bébés allaités sont beaucoup plus angoissés, il n’y a que le sein qui les calme, ils sont complètement dépendants. » « Il y a de plus en plus de jeunes femmes qui ont tout le temps leur bébé au sein comme en Afrique, ça fait bizarre. »

Je continue d’allaiter depuis que j’ai repris le boulot. « Tu vas arrêter quand ? » « Pourquoi tu allaites encore ? » « De toute façon avec la crèche tu vas devoir arrêter. » « Quand il aura des dents tu arrêteras. » « Trois/quatre mois c’est bien, ça suffit. » « Tu as encore du lait ? Tu as de la chance. » 

Nous n’avons pas encore confié le loutron pour sortir à deux, sauf une fois pour quelques heures (sortie au spa et le loutron chez une amie en qui j’ai toute confiance). « Méfie toi, ton couple va en pâtir, après ton mec ira voir ailleurs. » « Pourquoi vous ne voulez pas le laisser pour profiter de moments à deux ? » « Moi/Nous on l’a laissé dès ses 1/2/3 mois aux parents/machintruc pour aller au ciné/… » « C’est pas parce que tu as un enfant que tu dois arrêter de vivre. » « Ça lui fera du bien à lui aussi. » « Il faut l’habituer dès maintenant. »

Quand j’ai eu le malheur de demander des conseils pour faciliter l’endormissement (le loutron avait deux mois à l’époque): « Il faut que tu arrêtes de le porter, ce sera trop dur pour lui quand tu reprendras le travail. » « Le maternage, le portage, le cododo… c’est bien pour les femmes qui arrêtent de travailler pendant un an, mais dans ton cas il faut commencer dès maintenant à préparer la séparation. »

Et bien sûr, « le deuxième c’est pour quand ? » « Maintenant que vous avez trouvé le mode d’emploi vous allez enchaîner » « C’est toujours comme ça, maintenant que le premier est là ça va aller pour les autres » « Il dormira mieux quand vous aurez le deuxième »

Evidemment, dans la suite logique de notre parcours d’infertiles, ma mère est dans le top des auteurs de RALC, souvent basées sur un fond de suspicion concernant notre confiance en nous et notre (trop?) grande proximité avec le Loutron. Il y a eu des moments très difficiles, quand la fatigue se cumule aux remarques qui te sapent ton moral et ta confiance en toi, ça n’aide pas. Maintenant, heureusement, ça va mieux, j’envoie balader celles et ceux qui se permettent de ramener leur fraise sans qu’on n’aie rien demandé et avec un jugement négatif complètement déplacé.

Le Loutron est là et notre vie a changé. C’est un bouleversement, je ne m’y attendais pas – pas autant. Nous sommes toujours sur des montagnes russes, mais maintenant ce sont les montagnes russes de la vie, rien à voir avec celles de l’infertilité qui me plongeaient dans des abîmes de tristesse. Pour autant, je n’oublie pas. Cette semaine j’entendais mon collègue parler – celui qui attend la naissance imminente de son bébé / grossesse C2 annoncée à 1 mois de grossesse – et sans rentrer dans les détails de son discours, je peux dire que mon cœur se serrait et que je revivais en silence des épisodes de notre parcours. L’infertilité m’a blessée, l’arrivée du Loutron m’a réparée, mais la cicatrice restera là pour toujours. Jamais je n’oublierai la chance que nous avons eue, que nous avons.

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Flashback: l’accouchement

Parce que je veux garder ici une trace de l’arrivée du Loutron dans nos bras, l’aboutissement d’un (long) parcours d’infertiles qui ont eu la chance incroyable que la Roue tourne enfin dans le bon sens, et aussi parce que certain(e)s d’entre vous m’ont demandé des détails… Voici donc le récit des quelques heures qui se sont écoulées entre mes deux derniers articles, et le retour à la maison. Attention je vous préviens, c’est long.

Nous en étions au monito de contrôle, après la mise en place du tampon de prostaglandines censé activer les choses et notamment dilater mon col bien fermé (posé le mardi vers 10h30). Loulou revient d’une petite excursion afin de s’alimenter – hé oui seules les femmes sur le point de pondre ont droit à leur plateau-repas. Il en profite pour amener mon coussin d’allaitement et le sac de provisions (cookies, M&Ms…) que nous avions laissés dans la voiture. Il est 14h30, je commence à trouver le temps long – ce n’est pourtant que le début! J’appelle ma mère, j’envoie un millier de textos, on va se balader autour de l’hôpital (sur le parking en fait), je commence à sentir de légères contractions en grignotant une viennoise au chocolat. On rigole, on essaie de se détendre. Drôle d’ambiance en fait, on se sent dans un entre-deux, on ne réalise pas vraiment ce qui va se passer. A 16h j’ai droit à un nouveau monito qui dure 45 minutes, j’en suis à une contraction toutes les 10 minutes, peu douloureuses. Le cœur du Loutron est au top. Il est temps d’attaquer le paquet de M&M’s.

MMS

Loulou a la bougeotte, on ressort faire un tour. Ça commence à être compliqué pour moi, quand je marche je sens les contractions de plus en plus fortement. On est plutôt contents, le produit semble faire effet. Retour à la chambre, je vérifie que le tampon ne s’est pas fait la malle, apparemment il est toujours là. Une voisine de chambre est arrivée, elle a perdu les eaux vers midi, elle a l’air en stress. On parle un peu, son mec la rejoint et un paravent nous sépare. Vers 19h30, Loulou rentre à l’appart (à 10 minutes en voiture), je le préviendrai s’il y a du nouveau. J’appelle mon père, j’attends la bouffe… A 21h toujours rien, je m’impatiente et pars à la recherche d’un soignant; ils ont tous disparu, personne ne vient nous voir, c’est angoissant. Il s’avère qu’il y a plein de cas à gérer, et notre bouffe n’est pas la priorité. J’ai le temps de prendre une douche, ma voisine commence à douiller sérieusement…

A 21h30 on nous apporte les plateau-repas, – un peu léger, heureusement j’ai mes Granolas pour compléter. Les contractions commencent à bien piquer. On m’avait dit que j’aurai droit à un monitoring de 30 minutes à 22h, j’attends, c’est long… Finalement on me le pose à 23h15, et jusqu’à 00h45. C’est super long, et j’ai franchement mal en restant sur le côté comme me l’a demandé la sage-femme. Je fais ma rebelle et me mets sur le dos, c’est un peu mieux… A un moment la machine se met à biper, panique à bord, et je ne trouve plus la télécommande pour appeler à l’aide. Heureusement le mec de ma voisine part chercher quelqu’un, en fait c’est juste un bourrage papier, le Loutron va bien. Mais il fait nuit, je me sens très seule, j’ai mal et ce monito qui n’en finit pas m’angoisse beaucoup… Finalement une sage-femme vient me voir et m’explique qu’ils l’ont laissé plus longtemps que prévu parce que « le cœur du bébé est très sensible, on attendait qu’il se stabilise » – moyennement rassurant en fait. Contrôle du col, difficile à atteindre et donc douloureux, pour m’entendre dire qu’on en est toujours à 1 doigt de dilatation… J’ai droit à un suppositoire de Lamaline pour calmer la douleur (ça faisait une éternité que je n’avais pas mis de suppo!), coup de blues dans les WC, il est 1h15 et j’en ai vraiment marre d’être là. Je me sens mieux en position allongée, j’essaie de me reposer un peu. Pendant ce temps, ma voisine vomit de douleur – ambiance. On lui dit de prendre une douche en s’asseyant sur un ballon, ce qu’elle fait tant bien que mal, puis elle est emmenée en salle de naissance. Me voilà à nouveau seule dans la chambre. Quelques échanges de SMS avec Loulou, qui finit par comprendre que sa présence est requise. Il débarque à 2h du mat. Je n’arrive pas vraiment à dormir, je sens que les contractions s’intensifient. Je récupère le ballon pour essayer de soulager la douleur, ça marche moyen, j’ai oublié tous les conseils de ma prof de yoga c’est con. Vers 4-5h, ça devient vraiment difficile à gérer, le pauvre Loulou essaie de me soutenir comme il peut et je crois qu’il s’en prend plein la tronche en retour… On grignote des biscuits entre deux gémissements. On appelle les sage-femmes, col dilaté à 1.5 – je n’en peux plus, ça n’avance pas! On me propose un petit dej que je refuse – signe que j’ai passé un cap car d’habitude la bouffe c’est sacré! Pendant une contraction, je sens comme un « clac » dans mon ventre, j’ai l’impression que quelque chose a lâché, il s’avère que c’est la poche des eaux. Finalement on m’annonce que mon dossier est passé en staff (encore) et que j’ai le droit d’aller en salle de naissance. Il est 9h.

Je rejoins la salle de naissance en marchant avec difficulté, soutenue par une aide-soignante, pendant que Loulou rassemble nos affaires dans la chambre de pré-travail. J’ai beaucoup de mal à gérer les contractions, je crie, je gémis, mes idées d’accouchement sans péridurale sont à des années-lumière de là. On m’installe sur le lit dans la salle de naissance. Une aide-soignante vient me voir et me prend en main quelques instants pour m’aider à mieux gérer les contractions, en travaillant sur la respiration. Ce n’est pas facile mais ça m’aide beaucoup. L’anesthésiste est appelée, elle me pose la péridurale, je ne sens rien de ce qu’elle fait, toute concentrée sur les contractions qui s’enchaînent. On me pose un monitoring pour continuer de surveiller le cœur du bébé et l’évolution du travail. Une dose de produit anesthésiant est injectée, puis on me donne une pompe pour envoyer des doses supplémentaires selon le besoin. Moi qui voulait limiter au maximum l’utilisation d’anesthésiants, j’ai changé d’avis, j’ai tellement mal, je veux juste être soulagée… Contrôle du col: il s’est ouvert d’un coup, on est à 8, et dilatation complète quelques instants plus tard. La sage-femme me dit que j’ai de la chance que la péridurale ait eu le temps de faire effet car « c’est allé très vite ». Je perds la notion du temps, j’appuie sur le bouton de la pompe régulièrement, je sens encore légèrement des contractions sur le côté droit mais ça n’a plus rien à voir, je plane…

La sage-femme m’installe sur le côté, une jambe surélevée, pour que le bébé puisse descendre dans le bassin. Je commence à réaliser que l’arrivée du Loutron est imminente, j’en avais presque oublié pourquoi on était là! Loulou part à la voiture pour déposer nos affaires, on n’a pas le droit de les garder ici. J’observe ce qui m’entoure, la salle est très grande et les petites affaires du Loutron sont posées sur une table à ma gauche. En face, je vois un petit lit sur roulettes, et une table chauffante pour les soins. C’est surréaliste. Notre bébé va arriver ici!

Finalement, la sage-femme m’annonce qu’on peut commencer. Elle est accompagnée d’une aide-soignante. Le gynéco de garde est prévenu, si au bout de 30 minutes le bébé n’est pas né il interviendra. Je commence à pousser en bloquant l’air, à chaque contraction. Je ne sens pas grand chose, je suis les consignes qu’on me donne (après coup je regretterai d’avoir envoyé autant de doses de produit, mais sur le moment c’était difficile à gérer…). Je sens tout de même un peu les contractions sur le côté droit, ça aide pour savoir quand pousser, et il y a aussi les infos du monito. Mes pieds sont relevés, je tiens mes cuisses, Loulou me soutient sur ma droite, heureusement qu’il est là! Je pousse le plus fort possible, je pense à mon Loutron, on me dit qu’on voit ses cheveux… Ma vessie a été vidée préalablement avec une sonde et j’apprendrai par la suite par Loulou qu’un petit caca a été expulsé et nettoyé vite fait bien fait par la sage-femme (ça me tracassait beaucoup cette histoire de caca mais en fait je n’y ai plus du tout pensé dans le feu de l’action!). Après plusieurs poussées, il s’avère que le Loutron n’a toujours pas très envie de sortir: il avance puis recule à chaque fois, et je commence à fatiguer sérieusement… Le doc est donc appelé, un jeune homme sympathique pour autant que je m’en souvienne. Il m’explique qu’il va utiliser une ventouse pour aider le bébé à sortir en lui maintenant la tête, et ainsi l’empêcher de reculer à chaque fois. Je le trouve bien gentil, et il m’explique tout ce qu’il fait. Il s’excuse de devoir « couper un peu », moi je lui fais confiance pour qu’il fasse son boulot, qu’on en finisse et qu’on sorte mon Loutron! Il me demande de pousser doucement, je sens quelque chose entre mes jambes, puis le Loutron apparaît et est posé sur mon ventre… Il est 15h05, nous sommes le mercredi 5 septembre 2018, et nous voilà devenus parents.

Moment incroyable, temps suspendu, hallucinant, ça y est il est là… Loulou et moi sommes bouleversés, et tellement émus… Je le sens sur moi, je vois ses grands yeux, il est lourd et tout chaud, il a une odeur bizarre et assez forte. C’est mon bébé qui est là… Il crie un peu puis se calme, ses yeux sont grand ouverts, on lui a mis un petit bonnet. Le cordon est coupé par l’équipe, le doc me recoud et me montre le placenta dans une bassine. Il doit ensuite nous quitter, appelé pour une césarienne. Après un moment de peau à peau très intense, le Loutron est nettoyé, pesé, habillé et installé dans les bras de son papa. Une aide-soignante référente allaitement vient pour m’aider à le mettre au sein, première tétée, il trouve vite son chemin! C’est décidément un vrai glouton. Pas si gros que prévu tout de même, mais déjà pas mal à trois semaines du terme: 3.460 kg pour 49.5 cm. Je reçois des conseils pour bien démarrer l’allaitement: position, mise au sein fréquente…

Nous voilà enfin prêts à quitter la salle de naissance pour rejoindre notre chambre, tous les trois… Je demande les prénoms des personnes de l’équipe qui se sont occupées de nous. Un brancardier vient me chercher, Loulou suit en poussant le petit lit à roulettes avec le Loutron dedans. Je suis dans une chaise roulante, j’ai les jambes encore molles à cause de l’anesthésie. Nous nous installons dans notre chambre (soulagement d’avoir une chambre individuelle, ce n’était pas sûr qu’il en reste).

Nous resterons à la maternité jusqu’au samedi en début d’après-midi. J’ai beaucoup apprécié ces moments suspendus, dans notre bulle, tous les trois. A nous découvrir, à atterrir, à nous regarder. Les équipes défilent, tout le personnel est gentil sauf la pédiatre que je trouve très sèche. On me conseille pour l’allaitement, on nous apprend à donner le bain, le Loutron a droit à un suivi rapproché poids/pipi/caca et nous devons tout noter dans un petit carnet (qu’on arrêtera de remplir dans une dizaine de jours, quand on se sentira suffisamment confiants). Nos températures sont surveillées, ainsi que l’apparition d’une éventuelle jaunisse. La cicatrice de l’épisio est très enflée, je vais mettre une quinzaine de jours à pouvoir m’asseoir et marcher sans souffrir. Les douches froides et la glace sont efficaces pour soulager la douleur et diminuer l’œdème. J’ai plein de petits points rouges dans le cou, des petits vaisseaux qui ont explosé pendant les poussées; ils disparaissent en deux jours. Loulou fait quelques allers et retours à l’appartement, pour manger et se doucher principalement, et s’occuper du lapinou. Il me ramène des fromages au lait cru, et est chargé d’acheter une baignoire pour le Loutron (achat que nous jugions superflu, avant de donner le premier bain…). Mon père et sa femme, puis ma mère, viennent nous rendre visite. Les repas sont corrects, mais je n’ai pas très faim. J’ai du mal à me reposer, je dors peu.

Le retour chez nous est assez difficile. J’ai de fortes douleurs et le confort de l’hôpital n’est plus là. Les beaux-parents débarquent une heure après notre arrivée, je me sens envahie, et ils seront encore là le lendemain, avec ma mère qui débarquera aussi. Heureusement à partir du lundi nous sommes au calme, tous les trois. Quelques amis viennent de temps en temps, mais sans s’incruster des heures. On a besoin de se reposer, de prendre nos marques. Je reste allongée presque tout le temps, heureusement que Loulou est là pour gérer les couches, les repas… L’allaitement se passe bien; j’ai eu la montée de lait vendredi et samedi, ma poitrine a pris une taille impressionnante!

La sage-femme qui nous a fait les cours de préparation viendra nous faire trois visites à domicile, j’apprécie ces moments et c’est rassurant d’avoir ce suivi par une personne que l’on connait déjà.

Nous prenons nos marques dans cette nouvelle vie: couches, tétées, siestes, dodos, pleurs à consoler, câlins… Le quotidien est bouleversé, une nouvelle vie qui commence après des années d’espoir, de combat, d’attente. La roue a tourné, nous sommes trois désormais. Quelle chance nous avons

Main bébé

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